mercredi 2 septembre 2009

PROFESSION DE FOI(E)

La réaction épidermique des singes en hiver au rapport de l’Institut National du Cancer
« Alcool et risques de cancer ».

Claude Gilois & Ricardo Uztarroz

Disons le franchement, les seules choses que les deux singes, auteurs de ce Blog, savent vraiment bien faire, c’est boire et manger. Boire d’abord, car nous avons décidé depuis bien longtemps, que si nous ne pouvions pas faire les deux, pour des raisons économiques, alors boire serait notre priorité. Attention nous buvons mais pas « systématiquement » pas « sans y prendre plaisir » et encore moins pour « oublier les amants de nos femmes » comme l’a chanté Boris Vian[1]. Nous buvons tout, vin, alcool, apéritif, bière, moins maintenant cette dernière mais nous avons un crédit amplement excédentaire pour le restant de notre vie auprès des brasseurs.

Nous ne buvons pas n’importe quoi, pas à l’instar de Boris Vian n’importe « jaja ou vinasse » ! Dans ce domaine nous jouons dans la cours de grands aussi bien en quantité qu’en qualité. Nous n’en tirons aucune gloire particulière. C’est comme ca. C’est vrai que pour un marchand de vin, c’est préférable (un marchand de vin qui ne boit pas, c’est suspect donc pas bon pour le commerce). Quand à un journaliste de cette génération, s’il ne buvait pas (sauf s’il s’était arrêté de boire pour en avoir trop bu), il aurait été peu crédible.

Disons le franchement, les deux à trois unités par jour recommandées par les autorités médicales jusqu’il y a quelques mois sont largement dépassées avec nous. Soyons plus précis et admettons le ; nous épuisons normalement notre quota hebdomadaire en deux jours, peut-être trois les semaines de grande sécheresse, mais, d’un autre côté, ça nous arrive de consommer notre allocation, voire plus en moins d’un jour. Encore faudrait-il s’entendre sur la définition de l’unité car si l’unité est la bouteille alors nous rentrons dans la norme et si c’est la barrique nous nous sommes en déficit chronique.

Si l’on compare notre consommation aux nouvelles normes [2] (tolérance zéro) alors nous devrions être morts depuis belle lurette.

Mais comment sont donc établies ces normes ? Franchement, il n’y a eu aucune recherche sur ce sujet car l’éthique médicale ne permet pas de faire des recherches sur le long terme en soumettant des sujets à une absorption régulière de substances dont on suspecte qu’elles sont nocives pour la santé. Donc on ne sait pas , sauf que les deux singes, ça fait plus de quarante ans qu’ils se soumettent, eux, qui plus est volontairement, et en outre par plaisir, à une recherche de consommation dont ils aimeraient voir l’aboutissement (le plus tard possible bien sûr), et faire par voie de conséquence, bénéficier la science d’une contribution non négligeable à la connaissance des ressources du corps humain.

Figurez-vous que le foie de c’est deux sexagénaires ne proteste même pas plus que ca !! Le reste non plus d’ailleurs. Ce qui prouve bien, contrairement aux affirmations de William Shakespeare, qu’on peut « être et avoir tété »[3] N’oubliez pas que l’un de ces singes est un ancien biologique rompu à l’analyse des paramètres sanguins. Alors comment expliquer que l’Institut National du Cancer révise récemment ses positions sur la question en conseillant l’abstinence totale après nous avoir dit que c’était bon pour la santé ? Pressés de s’expliquer un peu, ils ont justifié leurs recommandations pour les motifs suivants :

Premièrement, l’absorption d’une quantité importante d’alcool peut tuer. Vous avez essayé vous de boire 3 litre de café d’un coup ? Je ne vous le conseille pas car vous risquer de peter une durite! Le café est-il pour ça mauvais pour le cœur ou les artères ?

Deuxièmement, l’alcool cause la cirrhose. Soit, mais à quelle dose ? Désolé mais nous n’avons pas de réponse car nous ne pouvons pas faire de recherche donc en l’absence de réponse abstenez-vous ! On notera au passage la rigueur scientifique.

Troisièmement, il causerait une déperdition des neurones. Bon, même si c’était le cas faut il s’en inquiéter ? Prenez, par exemple, un troupeau de buffles dans la nature. Il tire sa force de son unité en restant bien groupé. Quand un d’entre eux est malade le troupeau ralentit pour attendre le retardataire malade mais les prédateurs sont à l’affût. Le troupeau se désunit un peu et souvent le prédateur en profite et parvient à sa fin. Il élimine la bête malade. Alors le troupeau repart à sa vitesse normale. Eh bien, l’effet de l’alcool est identique, il élimine les neurones faibles pour que les autres fonctionnent de plus belle. A mauvaise science, bonne observation.

Nous buvons par plaisir non pour nous soigner ou améliorer quelque fonction vitale. Si la consommation de vin en particulier contribue à l’amélioration de certaine fonction physiologique ou chimique de notre corps alors tant mieux sinon tant pis. Cela ne changera rien à notre consommation. Nous n’aimons pas plus l’hygiénisme du lobby anti-alcool que ceux qui nous dise que c’est bon pour la santé.

Nous sommes conscients que la consommation d’alcool n’est probablement pas tout à fait neutre pour la santé mais vivre sa vie non plus. Cela mène même tout droit à la mort. Il est légitime que des conseils de prudence soient donnés mais ce qui gêne dans ces conseils c’est stigmatisation de la consommation d’alcool alors qu’il y a suffisamment de preuves qui impliquent beaucoup plus aujourd’hui les produits de l’industrie de l’agro-alimentaire dans la recrudescence des maladies en général et des cancers en particulier [i] [ii]. Mais sur ce sujet on ne dit rien. On balaye toute association en une phase lapidaire et sans appel. Il est vrai que cette industrie est bien organisée autour de multinationales très puissantes, de lobbyistes professionnels et elle contrôle une partie de la recherche au travers de subventions voire même de paiements directs aux scientifiques [iii] . Elle est, de plus, grosse consommatrice de publicité dans les journaux médicaux et contrôle donc indirectement le contenu éditorial des ceux-ci II III.

On ne peut donc que mettre en doute l’impartialité et la qualité du conseil de l’Institut National du Cancer qui a sans doute préféré s’attaquer à un lobby faible, d’une industrie peu concentrée [4], pour justifier de la recrudescence des maladies cancéreuses I et de l’échec (pour ne pas dire le fiasco) du plan cancer mis en place en 2003 [5] et cela sans toucher au sacro-saint lobby de l’industrie chimique et agro-alimentaire.

Une réponse scientifique sera apportée prochainement au rapport « Alcool et risque de cancer » de l’Institut National Cancer.
So watch this space !!

[1] Boris Vian (1020-1959), Ecrivain, poète, parolier, chanteur, ingénieur, musicien, scénariste et traducteur.
[2] L’Institut National du Cancer dans un communiqué de presse publié le 11 décembre 2008 indiquait que « même une consommation modéré augmente les risque de cancer » Le mardi 30 juin, l’association « pour l’Honneur du vin » (www.honneurduvin.com) annonçait que ce communiqué avait été retiré sur recours administratif de leur part. Rapport disponible :www.e-cancer.fr/v1/retournefichier.php?id=2671.

[3] Shakespeare William, (1556-1616) est considéré comme l’un des plus grands poètes, dramaturges et écrivains de la littérature anglo-saxonne. Etre ou ne pas être est la fameuse réplique que Shakespeare met dans la bouche d’Hamlet. En espérant que le grand homme nous pardonnera de ce détournement.
[4] L’industrie du vin est largement régionale et mal organisée nationalement ou internationalement. Son pouvoir de lobbying est faible.
[5] Un plan anti-cancer très ambitieux a été mis en œuvre sous la présidence de Jacques Chirac en 2003. L’augmentation des cancers constatés depuis l’année 1960 s’est encore accrue depuis. Comme la consommation d’alcool est en forte baisse depuis une quarantaine d’année, on voit mal comment elle pourrait être responsable de l’augmentation de cette maladie.
[i] Belpomme Dominique. Guérir du Cancer ou s’en protéger ; un véritable espoir a condition de changer notre approche de la maladie, Edition Arthème Fayard, 2005. ISBN : 978-2-213-62420-4. Dominique Belhomme est, entre autre, professeur de cancérologie à l’université Paris-V.

[ii] Campbell L Colin T, Campbell Thomas M.Le rapport Campbell: Révélations stupéfiantes sur les liens entre l’alimentation et la santé à long terme.. Edition Ariane. Avril 2008. ISBN : 978-2-89626-038-6.

[iii] Marie Monique Robin. Le monde selon Monsanto. De la dioxine aux OGM. Une multinationale qui vous veut du bien. Editions La Découverte (5 mars 2008) Collection : Cahiers libres. ISBN-13: 978-2707149183

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